Comment photographier sous la pluie ?

Certains boitiers sont tropicalisés, c’est à dire plus ou moins résistants à l’humidité grâce à l’utilisation de nombreux joints de protection autour des boutons et des jointures.
Cette tropicalisation permet à ces boitiers et optiques de bien résister à l’oxydation, aux moisissures, aux ruissellements, et à la poussière, mais ne signifie en aucun cas que le matériel soit étanche.
Bien sûr les boitiers (et objectifs) professionnels comme la série Canon 1D ou les Nikon D4 et D4s résistent sans problème à une fine pluie durant de longues minutes. Mais dès que la pluie s’intensifie, il est plus raisonnable de les protéger efficacement, comme s’ils s’agissaient de boitiers non tropicalisés (boitiers d’entrée de gamme). Pour protéger votre matériel de la pluie, il y a de nombreuses solutions : de l’utilisation d’un simple sac-poubelle à la housse professionnelle pour abriter un couple boitier et objectif lumineux de 300 ou 400 mm.
Dans tous les cas, le pare-soleil de l’objectif constitue une première protection efficace contre la pluie : il évite que les gouttes d’eau atteignent la lentille frontale.

La protection économique : le sac-poubelle

Peu élégante, mais très efficace ! Cette solution a l’immense avantage d’être très peu onéreuse : environ 6 euros pour 10 sacs-poubelle de 100 litres et un lot d’élastique pour cheveux que l’on trouve facilement dans une grande surface au rayon beauté.
Des bracelets élastiques en caoutchouc que l’on peut trouver dans une papeterie peuvent également faire l’affaire. Les élastiques permettent de fixer efficacement le sac sur le pare-soleil de l’objectif et sur les bords de l’objectif. Choisissez de préférence un sac-poubelle triple épaisseur, anti-fuite, et résistant.

N’oubliez pas de laisser une ouverture sur la partie basse de l’objectif pour garder un accès aux bagues de zoom et de mise au point. Une fois le sac mis en place, il ne reste plus qu’à faire une légère entaille à l’aide d’un ciseau sur le centre du viseur pour faire ressortir ce dernier. Au besoin, utiliser un élastique pour maintenir efficacement le sac autour du viseur.

Ci-dessous, voici le résultat. Le sac-poubelle protège très efficacement le boitier et l’objectif d’une pluie, intense ou non. Il y a toutefois quelques inconvénients : les boutons sont masqués, il est donc nécessaire de bien connaitre les commandes de votre matériel. Les écrans de contrôles sont également inaccessibles : impossible de vérifier immédiatement si un cliché est correct. Par ailleurs, la mise en place d’un tel sac sur le matos est relativement longue (comptez 5 bonnes minutes) et reste une solution de dépannage. Si vous faites régulièrement des photos sous la pluie, les deux solutions ci-dessous sont mieux adaptées.

Pour terminer avec cette partie, pensez à emporter une miniserviette dans votre sac photo de manière à pouvoir essuyer de temps en temps votre sac-poubelle et le viseur.
Cette petite serviette, plus connue sous le nom de serviette invité éponge, est en coton et mesure environ 30×30 cm ou 30×50 cm. Elle se trouve facilement dans des magasins comme Ikea ou Okay (rayon linge de bain) mais également dans la plupart des grandes surfaces.

La protection intermédiaire : housse Optech RainSleeve

Version améliorée du sac-poubelle, la housse Optech RainSleeve est la solution présentant le meilleur rapport efficacité/coût : environ 10 euros pour deux housses.
Contrairement au sac-poubelle, cette housse à l’avantage d’être transparente : vous pouvez donc vérifier vos images sur l’écran LCD et il n’est pas nécessaire de connaitre les commandes sur le bout des doigts. Elle est également très peu encombrante et rapide à mettre en place : moins d’une minute.

La housse RainsLeeve peut s’utiliser avec de gros téléobjectifs d’une longueur maximale de 45 cm : un simple 70-300 peu lumineux, un 70-200 2.8, un 300 ou 400 2.8.
Cette housse offre également une très bonne protection pour travailler dans le sable ou la boue. À noter qu’il existe également une version permettant d’utiliser un flash cobra.

La protection haut de gamme

C’est la solution royale proposée par la marque américaine Think Tank aux professionnels de la photographie : photographes sportifs, reporter-photographes, ou photographes animaliers. Les housses Think Tank sont en tissu imperméable et parfaitement adaptées au matos pro. Il y a deux modèles : une housse sur mesure pour 70-200 portant la référence Hydrophobia 70-200 (environ 140 euros), et une housse pour téléobjectifs lumineux portant la référence Hydrophobia 300-600 (environ 150 euros). Ces modèles sont disponibles sur le site français Objectif Bastille ou sur le site allemand AC Foto. Il est également nécessaire d’acquérir un viseur adapté (35 euros) : EP-CMIII pour un Canon 1D, EP-C pour un Canon 5D, 7D, ou 70 D, ou encore EP-N / EP-NSI pour un boitier Nikon.
Une solution de protection anti-pluie très efficace et plutôt rapide à mettre en place (environ 2 ou 3 minutes), mais qui frôle les 185 euros et qui est donc plutôt réservée aux photographes pros.

La version pour 70-200 est dotée d’un système pour porter votre matériel à l’épaule. Pour se faire, le constructeur américain a équipé l’intérieur de sa housse d’une solide sangle à attacher sur le bord de votre objectif, à proximité de la monture du boitier. Cette version est également dotée d’une protection à placer sur le pare-soleil pour éviter la projection d’eau sur la lentille frontale lorsque vous n’utilisez pas votre matériel.
Les deux versions possèdent un étui de rangement pour le viseur : c’est pratique puisqu’il héberge le viseur Think Tank ou le viseur d’origine. Sur le devant de la housse, une fenêtre transparente permet de visualiser les écrans LCD et les boutons de commandes.

Ci-dessus, la housse Hydrophobia 70-200 protégeant un Canon 1D avec un 70-200 2.8. Ci-dessous, à gauche, le transport à l’épaule de l’Hydro 70-200. À droite, la housse Hydrophobia 300-600 protégeant un Canon 1D avec un 300 2.8.

Du côté des inconvénients, outre le prix relativement élevé, on peut citer l’encombrement important de ces housses haut de gamme : bien qu’une pochette dédiée soit prévue pour le rangement, cela prend quand même une place conséquente dans un sac photo.
À noter qu’il existe une alternative à la marque Think Tank : Aquatech. Notamment la housse imperméable Aquatech SS-600 pour les longs téléobjectifs (environ 170 euros), la housse Aquatech SS-200 pour objectifs 70-200 2.8 et petits téléobjectifs comme un 24-70 et un 24-105 (environ 150 euros), ou encore la housse Aquatech Basic model pour les petits objectifs peu lumineux comme un 70-300 ou un 55-200 f/4.5-5.6 (environ 85 euros).

Autres astuces

Il est également utile d’avoir toujours avec soi quelques cotons-tiges, pour nettoyer l’œilleton, bien sur les miniserviettes évoquées plus haut, et éventuellement un parapluie. Pour couvrir un match de foot ou de rugby sous une averse, en plus d’une housse Think Tank, vous pouvez coincer dans votre blouson un large parapluie résistant au vent, il permettra de bien vous protéger et de protéger en partie votre matériel. Lorsque votre reportage est terminé, laissez bien sécher votre matériel et vos housses durant quelques heures.
N’hésitez pas à retirer, le temps du séchage, les éléments en caoutchouc de votre boitier, notamment les protections pour accéder à la connectique. Il est bien sûr judicieux d’utiliser de préférence un sac possédant une protection efficace contre la pluie.

Si vous avez quelques notions de couture (ou si vous connaissez une personne qui en a), vous pouvez également concevoir votre propre housse imperméable à partir d’un vieux k-way (ou avec un k-way neuf bas de gamme). Il suffit d’utiliser les manches de ce dernier qui possèdent un élastique au niveau de la poignée : c’est parfait pour se fixer facilement sur le pare-soleil.

Pour terminer, vous pouvez aussi laisser en permanence dans votre sac photo un ou deux sachets silicagel, il s’agit de granules de silice ayant la particularité d’absorber l’humidité, il y en a d’ailleurs dans la plupart des cartons d’emballage contenant du matériel électronique.