Comment obtenir une accréditation ?

L’accréditation est le précieux sésame remis par le syndic de presse (manifestations sportives) ou par l’organisation (concerts, spectacles, meetings politiques) permettant de photographier un événement. Cette notion d’accréditation ne concerne que les événements importants ou de tailles moyennes : pour un concert gratuit dans une petite salle, il est rarement nécessaire d’obtenir une accréditation, même chose avec un petit match de football le dimanche après-midi au stade municipal de votre commune.

La difficulté pour obtenir une accréditation est très variable, car l’importance de l’événement et sa médiatisation entrent en jeu. En général, il faut avoir une légitimité : être reporter-photographe (et donc journaliste avec une carte de presse), correspondant de presse (souvent avec une carte de correspondant délivrée par le journal pour lequel vous travaillez, mais qui n’a aucune valeur légale), photographe de la ville ou de la région, ou éventuellement photographe pour un webzine (magazine sur internet).

Lors d’un concert ou d’un spectacle, l’organisateur offre une autorisation d’utiliser l’image d’un artiste en vertu de la liberté de la presse, mais également en échange d’un article de presse, d’un retour ! Donc si vous venez à titre personnel juste pour vous amuser, passez votre chemin… Si vous voulez vous exercer à la photographie de concert, orientez-vous vers les petits concerts municipaux ou les petits festivals.

Le correspondant local de presse (CLP)

Très utilisé en France par la presse quotidienne régionale (PQR), le correspondant local de presse couvre l’actualité pour un journal local sur un secteur géographique restreint (une ou plusieurs villes limitrophes). Le CLP rédige des articles et souvent photographie lui-même l’événement. Un journaliste professionnel se charge ensuite de remettre en forme le texte et éventuellement d’y apporter des modifications. Ce statut est fixé par la loi n° 87-39 du 27 janvier 1987, complétée le 27 janvier 1993, et permet d’avoir un pied dans la presse : c’est un bon moyen d’élargir considérablement son carnet d’adresses, de se faire accréditer facilement aux événements de votre secteur géographique, et d’arrondir ses fins de mois. Le journal rémunère le CLP en honoraires, et ce dernier est considéré comme étant un travailleur indépendant : il ne faut pas dépasser environ 400 euros par mois (15% du plafond annuel de Sécurité sociale) pour ne pas payer de charges sociales.

De nombreux journaux délivrent une carte de correspondant local de presse : il s’agit d’un petit document avec la photo du CLP, ses nom et prénom, le logo du journal, la mention « correspondant local de presse », la date de validité, et la signature du chef de l’agence. Ce n’est pas un document « officiel », mais bien souvent il est largement suffisant pour aller couvrir le petit concert ou festival du coin et passer la sécurité sans problème.

Si vous avez une bonne plume et une bonne maitrise de la photo, vous pouvez essayer de prendre contact avec la rédaction d’un journal près de chez vous pour proposer vos services.

Le photojournaliste : la carte de presse

Réservée aux journalistes, la carte de presse est une carte d’identité professionnelle et officielle, permettant à un photographe de presse de prouver sa qualité pour accéder facilement aux événements et aux conférences de presse. Cette carte est délivrée par la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP) à Paris et doit être renouvelée chaque année. Pour l’obtenir, il faut être salarié d’un journal ou d’une agence de presse, en tant que titulaire (salarié à temps plein) ou pigiste (payé au reportage). Le statut de journaliste est légalement et obligatoirement sous le statut salarié, et donc totalement incompatible avec le régime des auto-entrepreneurs ou le paiement en droit d’auteur AGESSA. Il est d’ailleurs impossible d’obtenir la carte de presse avec ces deux statuts. Vous trouverez toutes les informations pratiques sur le site de la CCIJP ou sur le site du SNJ.

Une fois en possession de ce précieux sésame, l’accréditation devient naturelle et légitime.

Le reporter-photographe sportif : la carte Sports Presse (ou AIPS)

Vous vous demandez peut-être comment couvrir un match de Ligue 1 ? Et bien, figurez-vous qu’être détenteur de la carte de presse n’est pas suffisant ! L’accès à un match de Ligue 1 (où à un événement sportif important) est réservé uniquement aux photographes titulaires de la carte « Sports Presse UJSF » (France) ou « AIPS » (Europe). Ces deux cartes sont délivrées par l’Union Syndicale des Journalistes Sportifs Français.

Pour obtenir ces deux cartes (une seule des deux est nécessaire en pratique), il faut simplement être titulaire de la carte de presse classique.

Il y a toutefois des exceptions, notamment avec les journalistes en CDD ou pigistes qui débutent dans la profession et qui n’ont pas encore reçu de carte de presse. Dans ce cas, le syndic de presse UJSF présent à chaque rencontre de Ligue 1 délivre une accréditation temporaire qui est valable uniquement pour un match.

Par ailleurs, sur les très gros événements sportifs (Ligue des Champions, finale de Coupe de France, Coupe du Monde, Tournoi de Roland Garros, J.O., etc), en plus d’être titulaire de la carte Sports Presse ou de la carte AIPS, il faut également faire une demande d’accréditation supplémentaire. Les places sont parfois très limitées et réservées en priorité aux trois grandes agences (AFP, AP, Reuters) et aux médias importants.

Et en Belgique ?
En Belgique, le principe est identique à la France. Pour se faire accréditer par exemple en Jupiler League (Football professionnel Belge), il est indispensable d’être titulaire de la carte « Sports Presse » (ci-contre). Cette carte est délivrée uniquement aux journalistes professionnels Belges.

Pour de nombreux sports professionnels (football, rugby, tennis, basket…), l’accès est naturellement réservé aux photojournalistes et totalement fermé aux photographes amateurs. Si vous êtes photographe amateur, vous pouvez tout de même photographier du sport sans aucun soucis : il suffit de se rendre dans les nombreux stades municipaux et petites salles près de chez vous. Le sport amateur de haut niveau est souvent très passionnant à photographier et tout aussi intense que le monde professionnel. Certes, les éclairages ne sont pas toujours faciles dans certains salles, mais c’est un excellent exercice !

Et pour les photographes amateurs ?

Pour un photographe amateur ou un photographe non-journaliste, il reste une solution efficace pour se faire accréditer à un événement sans carte de presse ou de correspondant : le carnet d’adresses. Ce carnet d’adresses ne permet pas de photographier un événement sportif professionnel comme une rencontre de Ligue 1, mais il peut vous ouvrir les portes d’un concert, d’un festival, d’un rallye régional, d’un meeting aérien, etc.

Entrez donc en contact avec un maximum de gens dans le milieu que vous souhaitez photographier, créez des liens pour étoffer votre réseau de connaissances, et… soyez patient !

Dernier tuyau pour se faire accréditer plus ou moins facilement : être le photographe (bénévole souvent) d’une association ou d’une fédération sportive, ou encore d’un site internet spécialisé type « webzine ». Une piste sérieuse à explorer si vous débutez.

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