Comment photographier un match de foot amateur ?

Pour un photographe amateur qui souhaite s’initier à la photographie sportive, couvrir un match de football amateur est un choix pertinent. D’une part, car c’est le sport le plus populaire en France et il est donc facile de trouver un match à proximité de chez soi. D’autre part, la plupart des rencontres de niveau district et ligue ont lieu le dimanche après midi. Il y a donc une lumière abondante et il n’est pas indispensable d’être propriétaire d’objectif très lumineux et couteux : un simple 70-300 f/4-5.6 peut faire l’affaire.

Quels matchs photographier ?

Pour le football amateur français, il y a en gros trois échelons :

– l’échelon fédéral. C’est le plus intéressant à suivre, mais pas forcement le plus accessible. Il s’agit des championnats de France amateur 1 et 2 (CFA et CFA 2), et des championnats nationaux pour les jeunes (U19 pour les moins de 19 ans, et U17 pour les moins de 17 ans). L’entrée est payante (sauf pour les championnats nationaux des jeunes), et il se peut que l’arbitre refuse votre présence sur le terrain si vous ne travaillez pas pour la presse : dans ce cas il faudra photographier derrière la main courante. Vous pouvez également essayer de vous arranger avec le club recevant pour photographier régulièrement leur équipe : vous réalisez des albums pour le site internet du club, et en échange vous entrez gratuitement… à vous de trouver un arrangement !

– l’échelon régional. Il s’agit des championnats de niveau « ligue » regroupant la division d’honneur (DH), la division d’honneur régionale (DHR), la promotion d’honneur (PH), la promotion d’honneur régional (PHR), et la promotion de ligue (PL). Il y a deux championnats intéressants à suivre : la DH et la DHR. L’entrée est parfois payante comme en CFA.

– l’échelon départemental. Il s’agit des championnats de niveau « district » regroupant de nombreux petits championnats. Le plus haut niveau étant l’excellence district. L’entrée est souvent gratuite, et c’est l’idéal pour commencer !

Sur les sites de la FFF, vous trouverez les informations indispensables pour préparer votre reportage photo : date et horaire, nom du stade et adresse, etc.

Le matériel

Un boitier d’entrée ou de milieu de gamme offrant une cadence minimale de 5 images par seconde en mode rafale est largement suffisant. Pour l’objectif, une longue focale est indispensable : idéalement 200 ou 300 mm. Consultez ce guide d’achat des objectifs pour choisir un téléobjectif en fonction de votre budget et de votre monture. Pour moins de 600 euros, le Canoniste peut s’orienter sur l’achat d’un 70-200 f/4 Canon ou d’un 70-200 f/2.8 de Tamron et le Nikoniste peut acquérir un 70-200 f/2.8 de Tamron.

Où se placer ?

De manière générale, vous pouvez photographier toutes les rencontres citées ci-dessus, si vous vous placez derrière la main courante : les barrières qui délimitent le terrain.

Mais pour obtenir de meilleures photos, il est plus pertinent d’être sur le terrain en se positionnant par exemple sur le coté du but, à 2 ou 3 mètres de la ligne du but et environ à hauteur de la ligne traçant la surface de réparation (à environ 16 mètres du but). Cette position offre de bons résultats, notamment sur les phases offensives.

Évitez le côté du but où se trouve le banc de touche, car les joueurs remplaçants viennent s’y échauffer : vous risquez donc d’être gêné par leurs passages répétitifs. Vous pouvez également vous placer si la place le permet le long de la ligne de touche pour photographier le milieu de terrain : c’est en général à cet endroit qu’on obtient les plus beaux duels aériens. Si vous choisissez la ligne de touche, placez-vous de manière opposée à l’arbitre assistant pour ne pas le gêner. Par sécurité, respectez une distance d’au moins 1m50-2m entre votre position et la ligne blanche : en étant au bord vous n’êtes pas à l’abri d’un choc douloureux avec un joueur !

Si vous souhaitez aller sur le terrain, n’oubliez pas de vous présenter avant le coup d’envoi auprès de l’arbitre (niveau district, niveau ligue) ou du délégué officiel (niveau ligue et niveau fédéral) afin d’expliquer votre démarche : ils sont en droit de refuser votre présence sur le terrain. Mais dans la plupart des cas il n’y a aucun souci, et vous serez le bienvenu si vous respectez les règles élémentaires de politesse et les consignes éventuelles du corps arbitral.

Photographier un match de foot lorsque la lumière est abondante

Comme vous pouvez le constater sur les photos ci-dessous, le football amateur peut offrir des photos assez impressionnantes et très variées. Bien sûr le niveau de jeu sur un petit stade municipal est très éloigné de la Ligue 1, mais il est largement suffisant pour s’initier à la photographie du football. Comme pour un match de football professionnel on retrouve l’essentiel, à savoir : des duels aériens, des phases offensives et défensives, de la joie, des déceptions, des chocs, des chutes, des tacles, des réactions de coachs ou de joueurs… bref des émotions et tout ce qu’il faut pour s’éclater deux heures avec son matériel !

Quand les conditions lumineuses sont excellentes, on peut utiliser une faible sensibilité ISO de 100 à 640 selon l’heure de la journée, l’ensoleillement, et la région : ceci afin de réduire le grain sur l’image. La lumière abondante permet d’utiliser une grande vitesse d’obturation pour figer parfaitement le mouvement des joueurs (1/1000 ou 1/2000) tout en ouvrant le diaphragme à f/4 ou f/5.6. Ces ouvertures sont idéales avec une longue focale de 300 mm afin d’obtenir une profondeur de champ suffisante pour que deux joueurs qui ne sont pas forcement sur le même plan soient parfaitement nets. Dans ce cas précis et avec une longue focale dont le diaphragme est ouvert à f/2.8 ou f/3.2, seul le joueur sur lequel vous avez fait la mise au point serait net, car la profondeur de champ est très réduite quand on associe longue focale (300 ou 400 mm), grande ouverture, et proximité de l’action par rapport au photographe. Avec des focales plus courtes, comme un 70-200 par exemple, vous pouvez par contre utiliser une grande ouverture (f/2.8) afin de détacher les joueurs de l’arrière-plan.

Pour info, la profondeur de champ se calcul de manière approximative par NcD² / f²N est l’ouverture du diaphragme, c est la valeur du cercle de confusion (en mm), D la distance de mise au point, et f est la longueur focale en mm.

On comprend immédiatement avec cette formule pourquoi il y a une telle différence de profondeur de champ entre l’utilisation d’un 200 mm et d’un 300mm : dans le premier cas on divise par 200² (40 000) et dans le second cas par 300² (90 000).