15 conseils pour réussir vos photos

1: Maitriser les notions de base

Prenez le temps de lire ce guide sur les notions de base pour apprendre à maitriser la vitesse de l’obturateur du boitier, l’ouverture du diaphragme et la focale de l’objectif, la sensibilité ISO du capteur, ainsi que la profondeur de champ. Avec ces quelques paramètres, le photographe maitrise parfaitement l’aspect qu’il veut donner à une image, il est donc essentiel d’acquérir ces quelques notions théoriques simples.

Exemple 1

Exemple 2

Exemple 3

Exemple 1 : Une vitesse d’obturation élevée, ici 1/800 de seconde, permet de figer le mouvement de la catcheuse. Avec une vitesse faible (inférieure à 1/400 de seconde), la catcheuse serait floue.
Exemple 2 : Une grande ouverture du diaphragme, ici f/2.8, et une longue focale de 300 mm permettent d’isoler la balle de tennis et la main en rendant l’arrière-plan flou.
Exemple 3 : Une longue exposition (vitesse d’obturation très lente) à l’aide d’un trépied, ici 9 secondes, permet de donner un effet de mouvement sur la grande roue et d’utiliser une faible sensibilité ISO pour réduire le bruit (grain dans l’image qui atténue les détails et la qualité).

2 : Bien connaitre son matos

Ne lisez pas le mode d’emploi à la dernière minute ! Prenez une bonne heure sur votre temps libre et apprenez « par coeur » les fonctionnalités importantes de votre boitier : comment choisir le mode : manuel, priorité vitesse, priorité ouverture ? Comment choisir la balance des blancs ? Comment choisir le format de fichiers (RAW ou JPEG) ? Comment choisir le mode de mesure (spot, pondérée, évaluative) ? Ou encore comment formater la carte mémoire ou choisir la sensibilité ISO ?
Un bon photographe sait utiliser son matériel dans l’obscurité sans regarder les boutons : l’oeil dans le viseur suffit puisque ce dernier indique l’essentiel des paramètres.

Maitriser les réglages de votre boitier : une règle essentielle pour réussir vos photos !

3 : Observez et soyez réactif

Idéalement, une photo doit raconter une histoire : n’hésitez pas à inclure un élément précis dans votre cadrage pour apporter une information. La chance est également la meilleure alliée du photographe : provoquez-la en anticipant un maximum les choses.
Être réactif permet d’obtenir un cliché vivant et unique.

Exemple 1

Exemple 2

Exemple 3

Exemple 1 : Une photo doit être esthétique et peut également apporter une information. Sur cette image prise en mai 2011 lors de la 37e journée de Ligue 1 opposant Marseille à Valenciennes, les supporters Marseillais semblent convaincus que la deuxième place du championnat de Ligue 1 est une volonté des dirigeants du club… le versement de primes aux joueurs en cas de titre coutant presque une dizaine de millions d’euros.
Exemple 2 : En restant concentré et en anticipant les réactions d’un joueur, on obtient comme sur ce cliché une belle scène de joie après l’ouverture du score.
Exemple 3 : Des milliers de motards qui protestent contre les mesures du comité interministériel de sécurité routière c’est assez impressionnant, mais inclure dans l’image le panneau « Lesquin / Centre commercial » permet d’indiquer la zone géographique.

4 : Approchez-vous de votre sujet

Le célèbre photographe de guerre Robert Capa (1913-1954) disait : “Si votre photo est ratée, c’est que vous n’étiez pas assez près”. Cette citation est toujours d’actualité en 2012 : rapprochez-vous physiquement de votre sujet pour obtenir une bonne photo. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut bannir la longue focale, bien au contraire : se rapprocher et utiliser un 135 ou un 200 mm permet d’obtenir un gros plan sympa (voir le conseil numéro 5 sur le cadrage serré). Notez toutefois qu’avec un téléobjectif-zoom d’entrée de gamme : le piqué à la focale maximale (exemple 300 mm) est en général très médiocre. Dans ce cas précis, il est judicieux d’utiliser une focale un peu moins longue et donc de se rapprocher du sujet.
Bien entendu cette philosophie de Robert Capa n’est pas applicable à la photographie sportive ou animalière : dans ces deux disciplines la prise de vue à une certaine distance et l’usage d’une très longue focale (300, 400 ou 500 mm) sont indispensables, puisqu’il est impossible de s’approcher fortement du sujet.

5 : Cadrage serré

Comme l’Olympique de Marseille, il faut aller droit au but ! N’ayez pas peur d’utiliser un cadrage serré et de montrer l’essentiel. Bien sûr ce n’est pas une règle obligatoire : c’est à vous de trouver votre propre style.

6 : Excentrez votre sujet

Par défaut le collimateur autofocus d’un reflex est au centre, mais une bonne image est une image avec un sujet excentré : c’est la règle des tiers. Lors de la prise de vue, il faut imaginer que l’image est découpée en trois parties verticales et en trois parties horizontales. Les 4 points intersections constituent les points forts de l’image :  n’hésitez pas à changer le collimateur AF de votre boitier pour éviter que votre sujet ne soit centré. Appliquez-vous pour composer votre image : la disposition des éléments est-elle esthétique ? Vous devez absolument vous poser cette question avant d’appuyer sur le déclencheur.

7 : Attention à l’arrière-plan

Si vous faites une photo de famille dans la rue ou un parc, évitez les voitures ou les poubelles en fond : c’est moche et ça détourne le regard. Cherchez de la verdure ou un arrière-plan esthétique et isolez votre sujet en utilisant une longue focale (85, 135, 200mm), une faible profondeur de champ (ouverture de f/2.8 ou f/4) et en restant assez proche du sujet. Une photo de vos enfants avec un arrière-plan flou (le bokeh) et rempli de verdure est bien plus esthétique qu’un cliché avec une grande profondeur de champ et des ordures en fond ! Même remarque avec la photo de sport : placez-vous de manière à obtenir des spectateurs en arrière plan, c’est plus joli qu’un extincteur ou un mur.

8 : Attention à l’horizon

Vous faites une photo de vos proches sur la plage ? Attention à ce que la mer ne soit pas bancale. Cette remarque est également valable pour la photo d’un paysage et dans la plupart des disciplines photographiques, sauf effet volontaire pour dynamiser une image.

L’horizon n’est pas droit : à éviter.

L’horizon est parfaitement droit.

9 : Placez vous à la hauteur du sujet

N’hésitez pas à vous accroupir ou à vous allonger au sol pour photographier un animal ou un enfant. Cette remarque est également valable pour la photographie sportive : en général, photographier debout coupe les têtes des joueurs en arrière plan.

10 : Évitez le flash direct

L’utilisation d’un flash direct ou pire du flash intégré d’un boitier d’entrée de gamme est à proscrire : il aplatit totalement l’image, provoque des yeux rouges, crame légèrement le premier plan, et projette souvent une ombre sur l’arrière-plan. Pour éviter ces inconvénients, il faut utiliser le flash indirect. Cette technique consiste à diriger le flash vers un plafond blanc ou un mur blanc : ainsi la lumière du flash est diffusée et semble naturelle.
Hélas, cette technique n’est pas compatible avec un flash intégré : un flash intégré n’est pas orientable comme peut l’être un bon flash cobra.

11 : Attention au flou de bougé et au flou de mouvement

Le flou de bougé est provoqué par les mouvements du photographe. Lorsqu’on n’utilise ni trépied ni stabilisateur d’image, la vitesse d’obturation doit toujours être égale au minimum à l’inverse de la focale utilisée. Exemple : avec un objectif de 50mm, la vitesse d’obturation minimale à main levée doit être de 1/50.
Certains objectifs proposent un stabilisateur d’image : IS chez Canon, VR chez Nikon, OS chez Sigma, ou encore VC chez Tamron. Ces technologies fonctionnent avec des capteurs situés à l’intérieur de l’objectif qui détectent et mesurent les vibrations mécaniques provoquées par le photographe. Le système compense ensuite ces vibrations en déplaçant un groupe de lentille qui stabilise l’image.
En fonction du photographe, il est possible de gagner de 3 à 4 IL : par exemple avec un 200mm, en théorie il faudrait shooter au 1/200 pour ne pas avoir de flou de bougé, avec le stabilisateur actif on peut descendre facilement à 1/50 tout en étant net. Bien sûr ceci n’est valable que pour photographier un sujet statique : il est donc inutile d’acquérir un objectif stabilisé pour shooter du sport par exemple.

La vitesse d’obturation, ici 1/10, est trop faible avec une focale de 35mm : la photo est floue.

La vitesse d’obturation d’1/100 est cette fois suffisante pour éviter un flou de bougé.

Le flou de mouvement est quant à lui provoqué par la vitesse de déplacement du sujet. Pour figer un joueur de foot ou un animal qui courre sur un espace vert, il est indispensable d’utiliser une vitesse d’obturation importante : 1/500 au grand minimum, idéalement 1/800 à 1/4000 en fonction de la rapidité du sujet.

Une vitesse d’obturation trop faible, exemple 1/320, provoque un flou de mouvement.

Une vitesse d’obturation élevée, ici 1/3200, permet de figer le mouvement du footballeur.

PS : Le flou de mouvement sur la photo ci-dessus à gauche a été simulé via Photoshop.

12 : Adoptez le format RAW

Le format RAW qui signifie « brut » en anglais, est un fichier contenant toutes les informations brutes venant du capteur : il s’agit en gros d’un négatif numérique, comme la pellicule à l’époque de l’argentique. Sur ce « négatif », les données ont subi une compression sans perte et aucun traitement n’est appliqué. Le contraste, la netteté, la balance des blancs, ou la saturation doivent être appliqués lors du post-traitement. Une photo au format RAW est comme un filet de sécurité : si l’exposition est mauvaise, image trop claire ou trop sombre, il est possible de limiter les dégâts et de corriger vos erreurs.

Une scène très contrastée en JPEG

La même scène, avec le format RAW

Sur une scène très contrastée comme ci-dessus à gauche avec le soleil de face, une image JPEG (8 bits) crame les hautes lumières et détruit les informations : il est donc impossible de les récupérer en post-traitement avec un logiciel comme Aperture ou Lightroom.
Sur la même scène, ci-dessus à droite, une image au format RAW (12 bits, provenant d’un Fuji X100) crame également les hautes lumières par défaut, mais il est possible de récupérer l’information très facilement lors du développement. Le format RAW offre donc une bien meilleure dynamique avec des détails dans les hautes lumières et dans les ombres.

13 : Attention à la balance des blancs

La balance des blancs (WB, White Balance) permet d’étalonner le capteur d’un réflex numérique pour obtenir un blanc réellement blanc et donc un rendu équilibré des couleurs. Un mauvais réglage de la balance des blancs produit un cliché trop chaud (orange/rouge) ou trop froid (bleu). En général la balance des blancs automatique est plutôt pertinente, sauf avec un éclairage de type tungstène : une forte dominante chaude apparait, l’image est « orangée », ou à l’ombre : l’image devient froide (bleutée). Un réflex numérique permet d’ajuster cette balance : AWB (balance des blancs automatique), lumière naturelle, ombragé, nuageux, tungstène, fluorescent, flash, ou personnalisée (voir la partie réglage de la balance des blancs du tutoriel sur la photographie sportive).
Si vous utilisez le format RAW, vous pouvez ajuster la balance des blancs lors du post-traitement, mais pour gagner du temps pensez à ajuster la balance dès la prise de vue.

Mauvaise balance des blancs.

Balance des blancs correcte.

14 : Vérifier votre matériel avant d’aller faire vos photos

Vérifiez que la batterie est suffisamment chargée avant de partir. Pour éviter d’utiliser une carte mémoire qui contient déjà 200 ou 300 photos et que l’on oublie souvent d’effacer avant un reportage, prenez l’habitude de formater immédiatement votre carte avec le boitier une fois que les images sont sur l’ordinateur.
Remettez également des réglages passe-partout sur votre boitier : faible sensibilité ISO, balance des blancs automatique (AWB), mesure évaluative, stabilisateur inactif et votre format d’image habituelle (RAW et/ou JPEG).
Pour un photographe expérimenté, ces réglages sont instinctifs, mais si vous débutez vous risquez d’oublier certaines choses : il est donc prudent de procéder ainsi.

15 : Dernier conseil

Suivez régulièrement le site capturenumerique.com et sa page Facebook. Proposez également vos images sur des forums comme celui d’EOS Numérique pour les Canonistes ou Nikon Passion pour les Nikonistes : la critique est le meilleur moyen de progresser.