Steeve Constanty, Photographe (auto-entrepreneur)

Couverture d’un match de football à Montbéliard

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quels sont ton métier et ta spécialité ?

Le mot qui pourrait me définir, comme 95 % des photographes c’est « passionné ». Depuis l’enfance la photo est une partie de ma vie, mais elle est devenue plus importante avec l’avènement du numérique. À 25 ans j’ai reçu mon premier bridge numérique, un Minolta Z3 que j’ai remplacé deux ans après par un Panasonic FZ7. Ce n’est qu’une fois le mode manuel exploré (et ses limites sur un bridge atteintes) que j’ai franchi le cap du reflex. Aujourd’hui je suis auto-entrepreneur photographe, et si comme beaucoup je réalise quelques mariages afin de faire tourner correctement mon entreprise, ma passion de l’image me pousse vers le reportage. Capturer l’instant, l’inattendu, le naturel !
Je n’ai rien contre les photographes de studio, je m’essaye régulièrement à la discipline afin de me perfectionner, mais préparer une photo pour en faire ce qu’on veut, ça n’a rien à voir avec le reportage où on va photographier les choses telles qu’elles sont, sans artifices. Et c’est ce monde de la photo qui me plait.

Quel a été ton parcours pour devenir photographe ?

Stade Auguste-Bonal à Montbéliard, en décembre 2011 lors de la rencontre de Ligue 1 opposant le FC Sochaux à Ajaccio

Passionné de photo j’ai eu la chance d’être le photographe pour deux clubs de la ville de Mulhouse (Squash et basket). Le jour où j’ai voulu plonger dans le monde du journalisme, j’ai franchi la porte des « Dernières Nouvelles d’Alsace » pour présenter mon travail. Les photos ont plu et j’ai eu ma carte de correspondant de presse. Ma première mission était de couvrir les finales du Championnat de France de squash qui avait lieu à Mulhouse. J’ai du insister pour le faire car normalement ce genre d’événement c’est réservé aux photographes officiels du journal, mais comme j’étais de toute façon sur place pour le club, j’ai également pu réaliser trois belles photos qui ont été publiées les jours suivants. Cette carte de correspondant m’a ensuite ouvert les portes de nombreux événements locaux où j’ai pu m’exercer à la photo de sport dans de nombreuses disciplines. Aujourd’hui je collabore principalement avec l’agence parisienne Icon Sport, notamment pour la couverture des matches de Ligue 1 à Sochaux, rallye WRC d’Alsace et depuis peu pour les matchs de CEV (champion’s league féminine de Volley).

Quel matériel utilises-tu pour la prise de vue ?

Aujourd’hui je suis équipé avec deux reflex Canon : le 7D et le 5D Mark II auxquels je couple des optiques de haute qualité 24-70 2.8 L et 70-200 2.8 L, je dispose également d’un Canon 35mm f/2 et d’un 50 mm 1.8 FD que j’utilise inversé pour des photos macro.
Le 200 mm étant souvent un peu court pour les photos de sport, mon prochain achat sera certainement un 300 mm F4 L.

Quels sont tes deux objectifs favoris et pourquoi ?

Le Canon 70-200 2.8L sans hésiter est mon objectif favori. Il m’est indispensable pour toutes mes photos de sport (excepté le squash) et sa qualité optique est superbe. J’ai testé plusieurs zooms avant celui ci (Sigma 120-400 notamment) et je ne regrette pas une seconde cet achat. Dans un deuxième temps j’aime beaucoup également le 24-70 2.8L, mais seulement depuis que j’ai le 5D Mark II, sur le 7D je suis resté sur une impression mitigée et j’ai failli le vendre, mais depuis que j’ai découvert le plein format associé a ce petit bijou, il y reste accroché en permanence. Son rendu en portrait est superbe, et pour les photos de mariage, il est difficile de trouver mieux !

Quel est le cliché ou la publication dont tu es le plus fier ?

Sans hésiter ma première publication dans l’Équipe. La photo n’était pas extraordinaire, Gillot (entraineur de Sochaux à l’époque) venait de se faire expulser et il lançait un regard noir vers le quatrième arbitre. Mais c’était l’Equipe, et c’était MA photo. Pour quelqu’un qui débute, même si on a déjà été publié dans des journaux locaux, il y a une certaine fierté à se retrouver ainsi dans une publication d’envergure nationale… Surtout la première fois !

Première publication dans le journal l’Équipe, en Octobre 2010.

As-tu un accessoire ou une trouvaille qui t’est indispensable lors de tes reportages ?

Une clé 3G. Aujourd’hui les nouvelles vont tellement vite avec internet que pour avoir une chance d’être publié il faut pouvoir envoyer ses photos le plus rapidement possible. En dehors de ça je ne crois pas avoir d’inventions géniales à mon actif.

Quel sport préfères-tu photographier et pour quelle(s) raison(s) ?

Ayant eu l’occasion de pratiquer pas mal de sports dans ma jeunesse, il en est un qui m’a profondément marqué et forcément c’est celui que je préfère photographier : le basket ! J’ai eu l’occasion de suivre le FCM Basket durant 3 saisons (de prénationale jusqu’en nationale 2, une montée par an) et c’est là que j’ai eu mes plus belles sensations de photographe sportif. La proximité des joueurs, l’intensité des matches, mes souvenirs de joueurs… Quel plaisir ! Il est dommage que ce sport ne soit pas plus médiatisé en France comme il l’est aux États-Unis par exemple.

Selon toi, quel est le sport le plus difficile à photographier ?

Parmi ceux que j’ai pu expérimenter, je dirais le squash. Coincé derrière une paroi de verre (souvent sale ou abimée par les coups de raquette), derrière les joueurs, avec une balle qui file à une vitesse vertigineuse… Les seuls endroits intéressants pour les photos sont dans les deux coins arrières, quand les joueurs vont frapper la balle et préparent leurs coups. La balle ralentie, le mouvement est bien préparé, le regard droit sur la balle… Clac c’est dans la boite ! Sinon il faut attendre les grands événements internationaux et les matches dans une cage entièrement en verre. Là le photographe pourra se positionner face aux deux adversaires et il sera possible de multiplier les photos intéressantes.

Concernant le post-traitement de tes images, avec quel ordinateur et avec quel (s) logiciel (s) travailles-tu ?

Je travaille sur un PC Compaq presario CQ60 et mon logiciel principal est Lightroom 3. Les possibilités de ce logiciel, bien qu’un peu lent sur mon PC, sont énormes et me permettent parfois de rattraper certains ratés… Nul n’est parfait 🙂 Pour les détourages et autres travaux divers, j’utilise dans un second temps Photoshop CS2.

RAW ou JPEG ?

J’aime beaucoup travailler en RAW pour les portraits et reportages où je peux me permettre de post-traiter avec précision, mais pour le foot et le sport plus généralement, c’est JPEG direct. Les cartes se remplissent beaucoup moins vite et le traitement est plus rapide. D’autant qu’un RAW sous lightroom permet de rattraper énormément d’erreurs d’expo.

As-tu une technique pour photographier sous la pluie ?

Non, rien de particulier. Un grand poncho qui me permet de protéger également mon sac à dos, et un rainsleeve de fortune pour le reflex et l’objectif en cas de forte pluie (j’utilise des guêtres de randonnées étanches). Les guêtres remplacent le rainsleeve si ce n’était pas clair…

Quel est ton sac favori ?

Le Lowepro Fastpack 350 : 18 mois que je l’ai et je le trouve vraiment pratique pour le reportage (mais un peu lourd lorsque je mets tout mon matériel dedans (10-15kg).

Dernier sujet, as-tu un site internet ? Comment l’as-tu conçu ? Que t’apporte-t-il ?

J’ai effectivement un site internet, mais il me sert quasi exclusivement pour montrer mon travail de photographe de mariage. Je l’ai créé à partir du logiciel Website X5 evolution, mais il est loin d’être pro. Il est prévu de le changer courant 2012 , sans doute par un site WordPress. Pour le visiter : www.steeveconstanty.fr/, et également une page Facebook.

NDLR : L’accès à un match de Ligue 1 est réservé uniquement aux photographes titulaires de la carte de presse et de la carte presse sport UJSF (France) ou AIPS (Europe). Il semblerait toutefois que certains syndics de presse soient plus ou moins regardants sur les règles fixées par l’UJSF pour protéger le métier de journaliste. Le statut de journaliste est légalement et obligatoirement sous le statut salarié, et donc totalement incompatible avec le régime des auto-entrepreneurs. Il est d’ailleurs impossible d’obtenir la carte de presse avec ce statut.