Bruno Fahy, Photojournaliste

Stade AWD Arena (50 000 places), à Hanovre en Allemagne lors du match Hannover 96 – Standard de Liège en septembre 2011. 70-200 et 300 aux épaules. Photo : Jimmy Bolcina

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quels sont ton métier et ta spécialité ?

Reporter-photographe professionnel, mais j’aime bien le terme « photojournaliste ».
Mon domaine d’activité est la presse généraliste (news, politique, judiciaire, royauté) principalement quotidienne et le sport, avec un gros pourcentage de football.

Quel a été ton parcours pour devenir journaliste reporter-photographe ?

Études techniques photo, puis j’ai fait un stage dans un quotidien. J’ai commencé à travailler le week-end, puis je me suis lancé en indépendant. J’ai bossé pour plusieurs journaux, magazines et agences. Je suis toujours free-lance, mais je travaille principalement pour l’agence nationale Belge (Belga) depuis 5 ans environ.

Quel matériel utilises-tu pour la prise de vue ?

Deux boitiers Canon EOS 1D (Mark IV et Mark IIn), un EOS 5D Mark II et un Fujifilm X-100 (si si, c’est vrai).
Les optiques, du 8 mm au 300 : notamment un 70-200 2.8 L, un 17-40 4 L, un 300 2.8 L, un 135 2 L, un 14 2.8 Samyang, et le 8mm 3.5 Samyang. J’ai également une optique macro, le Canon 100 2.8 que j’utilise pour des illustrations. Je n’ai pas de gros flashs de studio, mais j’utilise fréquemment deux flashs Speedlight télécommandés avec des Pocket Wizard.

Quels sont tes deux objectifs favoris et pourquoi ?

Deux télés Canon : Le 300 2,8L ; mon optique pour le football, elle a tout ce qu’il faut : piqué, netteté, définition. Je m’en sers également régulièrement pour l’actu politique.
Pour la 2e, j’hésite : j’adore le 135 f2L pour sa qualité époustouflante, mais je suis un adepte du 70-200 2.8 L, car on sait tout faire avec ce truc !

Quel est le cliché ou la publication dont tu es le plus fier ?

Difficile à dire… Je me concentre sur la photo que je vais faire demain ! Sérieusement, oui, il y a bien une photo de motocross qui a déjà été primée à un concours, que j’aime bien… Et on m’en parle souvent. De plus c’est un photographe américain, Bill Frakes, qui était président du jury… Et que cette image m’a un peu permit d’obtenir une certaine reconnaissance de mes pairs. J’en suis également fier, car c’est une image faite sur un reportage « local » et sur un évènement que je couvrais pour la 6 ou 7e fois. Comme quoi on peut toujours trouver un angle intéressant, où que l’on soit…

Une photo de motocross qui a été primée à un concours dont le président du jury était le photographe américain, Bill Frakes – Photo : Bruno Fahy

Mais j’ai aussi quelques bons souvenirs de parutions diverses, et notamment les photos de mes débuts…. Les photos n’étaient pas terribles, mais mon grand-père passait son temps à les découper dans les journaux ! J’étais heureux de le rendre fier.

As-tu un accessoire ou une trouvaille qui t’est indispensable lors de tes reportages ?

Indispensable, pas vraiment… Mais je bosse en Belgique et en plein air, donc je dois combiner avec la météo belge : donc je me suis trouvé une petite tente pour protéger mon ordinateur sur le bord des terrains de foot, où je glisse une Pelicase qui me sert de mini-bureau avec le MacBook dessus ! Au début, mes collègues riaient un peu de moi, mais 2h après, ils me demandaient tous où ils pouvaient s’en procurer une !

Quel sport préfères-tu photographier et pour quelle (s) raison (s) ?

Sans hésitation, le football. Sport numéro 1 mondial, c’est aussi le sport qui intéresse le plus de gens en Belgique. C’est évidemment un avis personnel, mais il y a tout dans ce sport : de l’engagement, du spectacle, de la sueur, des joies, des larmes… Tant au niveau amateur que professionnel. C’est le sport qui m’a aussi permis de voyager, de visiter des stades, mais aussi de rencontrer des gens passionnés et attachants. J’aime aussi l’ambiance des stades, les supporters qui réagissent. J’ai encore aujourd’hui souvent la chair de poule dès que je m’approche d’une pelouse sous des chants de supporters. Et photographiquement, il y a souvent moyen de tirer une chouette image même si le match est sportivement médiocre. J’attache aussi beaucoup d’importance aux réactions des joueurs, de leurs attitudes, et ceci presque autant qu’aux phases de jeu.

Selon toi, quel est le sport le plus difficile à photographier ?

J’ai toujours du mal avec les sports de salle, comme le volley, par exemple, ou le foot en salle à cause du manque d’espace… Mais il y a aussi des sports ultras difficiles à photographier comme les sports d’eau, à cause des projections : le water-polo, c’est une véritable horreur à photographier !

Concernant le post-traitement de tes images, avec quel ordinateur et avec quel (s) logiciel (s) travailles-tu ?

J’ai un MacBook 13 pouces. J’utilise FotoStation pour éditer, légender et croper et même pour envoyer grâce au FTP intégré. J’ai créé des scripts pour tout faire à une seule main quand je dois envoyer des photos directement depuis le bord du terrain. Pour le traitement, j’utilise Photoshop.
Mais depuis peu, j’ai découvert Lightroom que je commence à apprécier… Pour l’envoi des photos, mon agence a mis au point un software dédié.

Es-tu un inconditionnel des télécommandes sans fil pour placer un boîtier derrière les buts ?

Non, vraiment pas… car je ne suis pas assez riche pour sacrifier un boîtier ! Mais peut-être qu’un jour GoPro sortira un appareil qui permettra d’être télécommandé…

As-tu une technique particulière pour photographier sous la pluie ?

Mis à part la tente pour l’ordinateur dont je parlais plus haut, je couvre mes boîtiers avec des housses Aquatech, vraiment efficaces.

Quel est d’après toi l’avenir du photographe de presse ?

Il faut se dire une chose : l’âge d’or du photojournalisme est derrière nous. Mais il ne faut pas avoir peur du progrès… Un journal sur iPad aura toujours besoin d’être fourni en photos, et même plus qu’une version papier. Il faut cependant que les gens changent l’état d’esprit qui est « internet = gratuit ».
Mais soyons réalistes, c’est un métier dur, très dur.

Et pour terminer, quel est ton sac favori ?

Ça change tous les jours ! J’ai un sac par type de travail, je préfère faire le détail, car le choix est impossible.
Pour le football : j’utilise une Pelicase 1510 (c’est increvable et étanche) avec les cloisons photo. J’y mets 2 boîtiers, mon 300, mon 70-200, un flash, un 17-40 et quelques accessoires. J’emporte aussi un sac à dos classique avec l’ordi, chasubles, et tabouret.
Pour le foot à l’étranger (avion) : une valise Think Tank Airport International. J’y mets tout ce que j’ai dans la Pelicase, mais je peux également y glisser le Mac et tout passe en cabine d’avion.
En dehors du sport : j’ai un Domke F2 et un F1X. Mais j’aime bien aussi travailler avec un Newswear ou une ceinture et des pochettes Think Tank.
Je n’aime pas les sacs à dos, car je trouve que c’est une perte de temps de devoir le déposer pour prendre ce dont on a besoin. J’en ai cependant 1, le Think Tank Shape Shifter qui est étonnant pour sa contenance : 2 boîtiers, 3 optiques, un ordi et qui s’amincit quand on le vide. Je m’en sers quand je voyage à l’étranger (hors sport).