Aurore Degaigne, Photographe (auto-entrepreneur)

Aurore lors d’un shooting mariage

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quels sont ton métier et ta spécialité ?

Je suis Aurore, jeune femme de bientôt 25 ans. Je suis photographe, spécialisée dans les mariages, couples et photographie boudoir. Je pratique également d’autres types de photographies, mais je pense que ce sont mes domaines de prédilection…

Quel a été ton parcours pour devenir photographe ?

Pour être photographe en France, il n’y a pas nécessairement besoin d’avoir un diplôme. Cependant, avant de me lancer en tant que professionnelle, je voulais obtenir un CAP photo, un simple challenge pour moi qui me permettrait de me dire que j’en étais capable, que je pouvais y arriver… J’ai commencé la photo il y a 3 ans et demi, quand je me suis acheté un réflex. C’était pour préparer mon concours d’entrée aux Beaux-Arts, juste après ma licence de lettres. Au départ je ne souhaitais aller aux Beaux-Arts que pour la peinture, et finalement j’ai découvert la photo, que je n’ai plus lâché.

Il y a deux ans, j’ai découvert le travail de photographes de mariages dont le style était moderne, bien loin des photos posées qu’on peut voir dans les vitrines des photographes. L’une d’entre eux a accepté que je la suive sur un mariage, et ça a été le début de l’aventure…

Je me suis lancée en tant que pro 6 mois après. Juste près avoir eu les résultats de mon CAP photo.

Quel matériel utilises-tu pour la prise de vue ?

J’utilise un Nikon D700 (plein format), plusieurs focales fixes (50mm 1.4 Nikon, 85mm 1.8 Nikon, 24mm 1.8 Sigma), et un zoom 70-200 2.8 Sigma. Mon ancien boîtier (Nikon D90) me sert de boîtier de secours en cas de souci sur le premier. On ne peut pas photographier un mariage sans avoir une roue de secours en cas de dysfonctionnement du premier boîtier. Sur une séance, ce n’est pas gênant, ça peut se refaire. En revanche, impossible sur un mariage. c’est pourquoi selon moi chaque professionnel du mariage devrait toujours se déplacer avec deux boîtiers.

Quels sont tes deux objectifs favoris et pourquoi ?

Comme je l’ai dit, j’utilise uniquement des focales fixes (mis à part mon 70-200 qui me sert de temps en temps). J’ai choisi de travailler comme ça parce que les optiques fixes sont de meilleure qualité que les zooms. Ma focale favorite est le 50 mm, je l’utilise presque tout le temps, que ce soit en séance ou en mariage. La seconde est le 24mm, car il me permet d’éviter d’avoir à pousser les murs, notamment dans les mairies. Mais comme c’est un sigma, il est beaucoup moins bon qu’un objectif de marque constructeur, et j’espère bientôt pouvoir le changer pour un Nikon (il manque énormément de piqué notamment).

As-tu un accessoire ou une trouvaille qui t’est indispensable lors de tes mariages ?

Ma housse de sangle rose en tissu :D (j’avais découvert un tuto sur le net qui m’a permis de m’en faire une moi-même). Cela fait beaucoup plus classe et féminin que la sangle sur laquelle Nikon D700 est écrit en gros… Et puis je n’ai pas envie que de loin tout le monde repère ce que j’ai comme matos… (on sait jamais… et c’est selon moi indispensable quand je travaille en séance, en pleine ville par exemple…)

Concernant le post-traitement de tes images, avec quel ordinateur et avec quel (s) logiciel (s) travailles-tu ?

J’ai récupéré l’ancienne tour de mon ami qui est infographiste. Pour l’instant il me convient. J’ai acheté un bon écran samsung à led, qui n’a pas des couleurs trop saturées, ce qui me permet de travailler mes photos au plus juste. Quand je suis en déplacement, j’emmène mon ordinateur portable pour travailler mes images dessus. Concernant les logiciels, je travaille essentiellement avec Lightroom, et parfois avec Photoshop, quand j’ai besoin de retouches plus poussées.

RAW ou JPEG ?

RAW, évidemment… ;) Bien pratique notamment en mariage quand on n’a pas le temps d’effectuer une mesure précise de la balance des blancs. Et puis tout simplement parce que c’est le négatif de mes photos, ce qui peut prouver que je suis le photographe qui a effectué la prise de vue… ;)

Comment fais-tu pour photographier un mariage pluvieux ?

Je m’adapte. Il n’y a pas de solution miracle… ça m’est arrivé plusieurs fois cet été d’avoir une sortie d’église sous la pluie, et quand on ne s’y attend pas ce n’est pas l’idéal… Concernant la séance couple, soit on la reporte et on fait alors ce qu’on appelle un « day after », ou alors on s’arrange pour la faire dans un lieu abrité… Je n’ai pas encore eu à faire des images sous une pluie torrentielle pour le moment… :)

Quel est ton sac favori ?

Mon sac à dos Lowepro Flipside 400, qui me permet de tout ranger ou presque. C’est celui que je prends sur les mariages, quand j’ai besoin d’avoir avec moi le plus de matériel possible.

Quels conseils peux-tu donner à un photographe amateur qui souhaiterait couvrir le mariage d’un proche ? Est-ce une bonne idée ?

Malheureusement, je ne dirais pas que c’est une bonne idée… Parce que les mariages ça a peut-être l’air de rien vu de l’extérieur, mais il faut avoir une sacrée expérience. Un photographe professionnel qui ne serait pas spécialisé dans les mariages serait forcément moins bon qu’un photographe professionnel spécialisé dans les mariages. Il y a des instants à ne pas rater, il faut connaître le rythme si particulier de ces journées…
Si les amis n’ont malgré tout pas souhaité prendre un photographe professionnel, alors je lui conseillerais d’éviter le flash (surtout le flash direct) tout au long de la journée, et d’avoir au maximum des objectifs lumineux (à grande ouverture). Et surtout, si les mariés attendent vraiment de lui qu’il photographie tous les moments de la journée, il devra se comporter comme un photographe professionnel, par exemple ne pas aller s’asseoir et discuter avec tous les invités pendant le vin d’honneur sans prendre une seule photo. Personnellement, je discute toujours un peu avec les invités dans un mariage, mais la différence est que je ne les connais pas tous, et n’ai pas besoin de discuter avec l’oncle Jean ou le grand-père Paul. Être invité ET photographe est assez difficile, il y a forcément un moment où on a envie d’être plus l’invité que le photographe, mais s’il n’y a pas de photographe professionnel, on ne peut pas, car les mariés attendent quelque chose de nous…

Est-ce que tu gardes parfois des contacts avec les couples passés sous ton viseur ?

Oui bien sûr ! J’aimerais en avoir plus, mais la vie fait que tous n’ont pas forcément le temps de me recontacter… Cela m’attriste mais c’est comme ça. Heureusement, il y a des couples que je sais que je reverrai, pour des séances grossesse, des naissances etc… Et cela me fait très plaisir. Par exemple, le week-end dernier, j’ai revu mes mariés du 26 mai car j’ai photographié le mariage de leurs amis… Et j’étais super contente ! :D

La photographie de mariage est souvent une activité « alimentaire » aux yeux de la plupart des photographes, qu’’en penses-tu ?

Pour moi c’est loin d’être un activité « alimentaire ». Je photographie des mariages parce que j’aime ça, parce que je peux être moi-même, je m’y plais tout simplement. Quelques uns de mes collègues n’aiment pas ça, mais généralement ceux qui choisissent de se spécialiser dans les mariages le font par passion, pas par argent. Parce que c’est tellement épuisant que photographier 20 mariages par an juste pour l’argent serait vraiment du suicide.

Quel est ton plus beau souvenir durant un reportage ?

Voir mes marié(e)s verser une petite larme… ça m’émeut toujours et ça me fait presque à chaque fois verser les miennes :)

Une question peut-être naïve, est-ce que ton regard de femme influence ton regard de photographe ?

Concernant les mariages, je ne pense pas que mon regard de femme change quelque chose par rapport à mes collègues. En revanche, je vois une réelle différence dans les photos boudoir. Quand je vois des photographies boudoir en revanche, je vois tout de suite si c’est un homme ou une femme qui a pris les photos. Dans les photographies boudoir prises par un homme, on voit le regard sexué porté sur la femme. Les poses sont beaucoup plus lascives que les miennes par exemple. Personnellement, lorsque je photographie une femme pour une séance boudoir, je cherche à ce que les poses soient naturelles (même si en fait elles ne le sont pas , mais le rendu l’est ;) ) et romantiques.
Je veux que mes photos ne soient pas vulgaires mais douces, qu’elles mettent en avant la féminité et le glamour avant le sex appeal ;) .

Dernier sujet, as-tu un site internet ? Comment l’as-tu conçu ? Que t’apporte-t-il ?

J’ai un site internet, refait en juin dernier. C’est un site wordpress. J’ai acheté un template et un ami m’a aidé à démarrer dans wordpress (je n’y connaissais rien auparavant, j’avais un blog blogger et un site en flash réalisé par mon ami). Celui-ci est un site/blog, il me permet de tout mettre au même endroit au lieu d’ avoir un site et un blog distincts.
Voilà l’adresse : http://www.lemanegeauxcouleurs.com

D’où vient ton nom d’artiste, « le manège aux couleurs » ?

Quand le moment est venu pour moi de chercher un nom pour mon activité de photographe, je voulais un nom différent de mon nom et prénom pour séparer vie privée et vie professionnelle. Je voulais absolument que le mot « couleur » soit dedans. Tous mes travaux artistiques, que ce soit peinture ou photo, étaient bercés par la couleur (contrairement à mes poèmes – oui je faisais vraiment de tout à l’époque où j’ai commencé les Beaux-Arts… – qui étaient plutôt sombres…). J’ai donc ensuite cherché quel mot je pourrais lui coller, et j’ai mis « manège » parce que j’avais une super photo (enfin à l’époque ^_^ ) d’un carrousel au marché de Noël d’Arras et je trouvais que ça me représentait assez bien… Du coup c’est devenu Le manège aux Couleurs… ;)
Et ça me définit assez bien ce nom, un univers enfantin, féminin et coloré, plutôt dans les tons rouges et roses… :)

Crédits photos backstage : Noellie Letot / Juste une ombre