L’iPad : l’outil du reporter-photographe ?

Présenté par l’ex-patron d’Apple le 02 Mars 2011, la dernière génération d’iPad a beaucoup évolué depuis la première version. Plus puissant, plus léger, plus fin : le photographe peut désormais envisager l’iPad, et notamment l’iPad Air (128 Go, 3G) comme un outil sérieux pour retoucher et envoyer quelques images de manière ponctuelle sur le terrain et dans une moindre mesure s’en servir comme portfolio numérique. Son écran IPS haut de gamme de 9.7″ à rétroéclairage LED et d’une résolution de 2048 x 1536 pixels (264 ppp) offre une vision très large (178°) et bien contrasté. Léger (un peu plus de 600 grammes) et très fin (7.5 mm), l’iPad se glisse facilement dans un sac photo.

L'iPad, l'outil du photographe réactif

Transfert des photos depuis une carte SD ou CompactFlash

Indispensable pour transformer l’iPad en parfait compagnon du photographe, le kit de connexion (environ 30 euros, module USB et module SD) proposé par Apple permet de décharger une carte SD (et uniquement SD ou SDHC/XC) via le module lecteur de carte. Un second module livré dans le kit permet de relier votre appareil photo via un câble USB. On regrettera qu’Apple ne propose aucune solution pour décharger les cartes de type CompactFlash : un problème corrigé depuis quelques mois par MissNumérique qui commercialise un lecteur CF pour iPad. Ce dernier est compatible avec les cartes de grandes capacités (8, 16, 32 Go) et très rapide (300x, 600x), contrairement au module USB d’Apple, qui lorsque l’on tente d’y brancher un lecteur CF externe avec une carte CF rapide indique une erreur liée à la consommation excessive d’énergie.

Un lecteur de carte CompactFlash d'une marque alternative à Apple permet de décharger le contenu d'une carte CF.

Quel usage pour le photojournaliste ? L’application Photogène

Application la plus performante disponible sur l’Apple Store (2.39 euros) pour retoucher (luminosité, contraste, saturation, tons, balance des blancs), légender (champs IPTC) et envoyer (FTP, Mail, Facebook…) une image en un temps record, Photogène a une ergonomie tout à fait adapté à la tablette et est l’outil parfait du photojournaliste ou du photographe qui ne souhaite pas utiliser son encombrant ordinateur.

Les images importées via un adaptateur SD ou CF se retrouvent dans le dossier "Albums"

Les ajustements sont nombreux : exposition, saturation, contraste, tons clairs, tons foncés, balance des blancs...

Le crop d'une image se fait de manière très intuitif.

Les champs IPTC permettant de légender votre image.

Une fois le cliché traité, vous pouvez l'envoyer facilement par FTP, par mail, sur Facebook...

Le format RAW sur iPad

Problématique avec l’iPad de première génération, le traitement des fichiers RAW sur l’iPad 2 ne pose aucun problème. Il faut simplement être patient lors de l’importation des fichiers : comptez deux bonnes minutes pour 15 images RAW de 22 Mo provenant d’un Fuji X100. Plusieurs applications permettent de traiter les fichiers RAW : piRAWnha, PhotoRaw, RawConverter, et bien sur Photogène.
Évidemment, utiliser un iPad pour traiter un reportage complet avec des centaines de clichés RAW est inenvisageable : ça prendrait un temps fou, un ordinateur reste indispensable !

Importation des RAW d'un Fuji X100 : l'opération prend 2 minutes avec 15 photos de 22 Mo.

Traitement d'un fichier RAW avec l'application Photogène : c'est assez fluide

L’iPad : un portfolio de luxe ?

Esthétique et doté d’un bel écran, l’iPad peut également servir de portfolio numérique lors de la recherche de nouvelles collaborations.
De nombreuses applications sont disponibles sur iTunes : Padfolios, FolioBook, Sideshow Portfolio, ou encore Portfolio for iPad.

Quel modèle d’iPad choisir ?

Blanc ou noir ? Peu importe, par contre pour envoyer vos images en absence de réseau Wi-Fi et si votre téléphone portable ne dispose pas d’un mode Modem permettant de générer un réseau Wi-Fi pour y connecter votre iPad à internet, il sera indispensable de choisir un iPad Wifi + 3G avec un abonnement chez un opérateur (à partir d’environ 10 euros, sans engagement, pour 200 Mo/mois chez SFR par exemple). Sachant que le modèle 3G dispose également d’un module GPS qui peut s’avérer pratique pour légender vos images sur le lieu de la prise de vue. Enfin le choix de l’espace disque : 16 Go (500 à 600 euros) c’est un peu limite pour un usage photo, 32 Go (600 à 700 euros) semble être un bon compromis entre capacité et prix. Le choix de la version 64 Go (de 700 à 800 euros environ) à mon sens n’est pas pertinent : l’iPad n’a pas vocation à stocker l’intégralité de vos photos, mais si vous préférez voir très large, libre à vous.

Les qualités de l’iPad

Tablette tactile légère et fine, excellente autonomie (8-9h), bel écran IPS, OS fluide et intuitif, nombreuses applications dédiées à la photographie, fabrication de bonne facture, portfolio de luxe !

Les défauts de l’iPad

Prix élevé, système fermé (via iTunes), lecteurs SD/CF et port USB en option, navigation web incompatible avec Flash, batterie inamovible, écran peu visible en plein soleil avec les reflets, manque de connectivités.

Alors l’iPad, outil du reporter-photographe ?

Léger et peu encombrant dans le sac d’un photographe, l’iPad est un outil performant notamment avec des fichiers JPEG. Associé à un adaptateur de carte ainsi qu’à une application puissante comme Photogene, l’iPad vous permet d’envoyer et de légender vos images JPEG en un temps record. De plus, son autonomie de plus de 10h est un gage évident de sécurité lors d’un déplacement. Le traitement de photos en RAW est possible, mais beaucoup trop lent pour envisager le post-traitement d’un reportage complet. La tablette d’Apple est loin d’être indispensable mais c’est un outil pratique pour envoyer une photo rapidement sans s’encombrer avec un ordinateur portable !