Deux jours avec le Canon EOS 1 DX

Bruno Fahy, photojournaliste spécialisé dans le sport pour l’agence de presse Belga, a eu l’occasion d’essayer durant deux jours le nouveau vaisseau amiral de Canon : le 1 DX. Petit tour d’horizon de cette nouvelle référence des photographes de sports avec un essai lors d’un match de football en soirée, et un second essai lors d’un match en pleine journée.

La prise en main

Au premier abord, le nouveau reflex haut de gamme de Canon semble plus lourd et plus massif que son prédécesseur, le Mark IV. Et en effet, il l’est. Quelques grammes en plus, et quelques millimètres plus haut, il reste néanmoins un EOS 1, donc ultra ergonomique… La prise en main reste parfaite, les boutons placés logiquement. À l’arrière, on remarquera un écran un peu plus grand et quelques boutons en plus, avec notamment un joystick supplémentaire pour faciliter son emploi en position verticale.

Le bouton d’ouverture de la trappe (avec 2 slots CF et la disparition du slot pour cartes SD) a été déplacé, et on notera le retour de la touche d’accès direct aux modes d’images (comme sur le MK IIN).
Encore une touche supplémentaire, le “Q” (pour Quick Menu), qui permet d’accéder à un menu rapide et aussi à naviguer plus rapidement à l’intérieur des menus (très riches).

Au niveau des menus : assez complexes de prime abord, mais finalement assez clairs grâce à des pictogrammes très explicites. Et c’est tant mieux, tous les boutons ou presque sont personnalisables… Ces boutons personnalisables sont principalement sur le devant du boîtier, et sont très faciles d’accès en action.

Sur le dessus, on remarquera aussi de petits changements. L’écran est rétroéclairé en orange et on appréciera le retour de la touche directe de changement de la balance des blancs. La touche FEL est remplacée par la M-Fn qui est personnalisable.
Dans les menus, on remarquera de nouveaux modes d’AF … Qui vont s’avérer très efficaces !

Premiers essais sur le terrain

Évidemment, la première chose qu’on va essayer, c’est la montée en ISO… Soyons francs, les Canonistes sont très jaloux de la gestion du bruit des Nikon (déjà du D3s mais surtout du nouveau D4 que certains collègues “jaunes” bombardaient nos boites mail avec des exemples fort avenants) , alors le premier truc qui nous démange, c’est de pousser la roulette de sensito vers la droite.
Commençons sagement : à 2000 iso.

Ça claque grave, les couleurs sont justes (balance des blancs en mode automatique AWB) et brillantes. Le bruit est absent, la définition est nickel.
Et alors, allons-y sur le même chemin… à 12 800 iso

Et boum! Ça y est, enfin, le nirvana nikonien des sensibilités ultimes est atteint. On garde une super netteté, super définition et un bruit… que l’on pourrait définir d’acceptable au vu du côté extrême de cette sensibilité.

Premier jour : couverture d’un match de foot en soirée

Bon, une fois cette mise en jambes qui file le sourire avant le boulot, allons-y pour le job… Mais j’étais un peu trop euphorique pour rester en mode manuel, alors je me suis dit qu’un boîtier annoncé à plus de 6200 euros pouvait bien bosser tout seul.
Confiant dans le bestiau, j’ai effectué ma commande sans filet ni back-up : Mode ISO Auto, et mode TV calé à 1/640 et 1/800e de seconde. Je n’ai pas utilisé le mode ultra rapide de la rafale (14 images/s) mais je suis resté au classique 10 images/s. Les sensibilités ont oscillé entre 1600 et 4000 ISO.

300 mm – 1/800 – 2500 ISO – f/2.8

300 mm – 1/800 – 1250 ISO – f/2.8

300 mm – 1/800 – 2000 ISO – f/2.8

300 mm – 1/640 – 1600 ISO – f/2.8

300 mm – 1/800 – 2000 ISO – f/2.8

300 mm – 1/800 – 2000 ISO – f/2.8

Le résultat est assez bluffant, avec au final un taux de déchet extrêmement peu élevé.
Le handicap du full-frame (pour les possesseurs du 300) peut vite se balayer grâce aux beaux gros fichiers qui laissent possible un crop assez poussé.
Crop qu’il faut préférer au multiplicateur 1,4x version 2 en ma possession, la perte de qualité (piqué) étant assez visible. Il faudrait essayer avec la toute dernière version (3).
Les images sont bien claires, contrastées, et le magnifique bokeh du 300 ouvert à fond est magnifiquement rendu.

Deuxième jour : couverture d’un match de foot en journée

Le lendemain, utilisation du boîtier en lumière naturelle permettait une utilisation de sensibilités moins hautes, et de faire monter les vitesses d’obturation.
Les images, toujours en balance des blancs AWB et sensibilité ISO auto, sont toujours aussi belles et piquées…

300 mm – 1/1000 – 500 ISO – f/2.8

300 mm – 1/1000 – 400 ISO – f/2.8

Ci-dessous, une petite séquence pour montrer la qualité du suivi AF avec une scène de joie de Jeroen Simaeys après son but. La mise au point est faite sur lui, et l’AF va le suivre tout au long de la série, même quand un autre joueur va passer devant…

Les qualités du 1DX

Ergonomie, Autofocus de compétition, gestion du bruit, compatibilité des batteries (même si le DX est prévu pour fonctionner avec les nouvelles), aspect robuste, retour de fonctions directes très pratiques, boutons personnalisables.

Les défauts du 1DX

Prix (même s’il reste à définir avec précision), Poids. Sur ce boitier d’essai, les rouges m’ont paru assez saturés… Mais ce n’est peut-être qu’une question de réglages des modes d’image.

Trop peu pour une conclusion

Évidemment, 2 jours, c’est relativement peu pour juger, mais j’ai tout de même pu me faire une (bonne) idée sur le nouveau jouet de chez Canon (ici, une version bêta encore non finalisée) et réalisé que Canon a encore fait des progrès sur l’AF (quasiment jamais mis en défaut), a rattrapé le retard sur Nikon par rapport au bruit aux sensibilités élevées. Et tout cela en gardant la prise en main “Canonique” proche de la perfection.
A noter qu’il me semble que mes “vieilles” optiques ont fait une cure de jouvence, tant elles paraissent nettes et piquées.

Bruno FAHY