Comment choisir un réflex numérique ?

Désormais accessibles au plus grand nombre, les appareils photo numériques de type réflex offrent une qualité, une réactivité (Allumage, autofocus) et une maniabilité très supérieures aux autres types d’APN (compact, bridge, hybride, etc.). Le capteur de grande taille permet d’obtenir une faible profondeur de champ pour mettre en avant un plan par rapport à un autre. Il permet également de limiter fortement la présence du bruit numérique, représenté par une montée du grain, souvent très visible sur les appareils compacts.

Canon 1D Mark IV (à droite), et Canon 1D Mark III (à gauche)

Le capteur : le coeur de l’appareil

Sur un réflex numérique, il existe trois types de capteurs :

Le plein format 24×36 (ou full frame)
C’est la Rolls des capteurs. Il mesure 24x36mm et reprend le traditionnel format 35mm d’une pellicule photographique qui, rappelons-le était le standard à l’époque de l’argentique. Les avantages de ce format sont nombreux : plage dynamique de l’image importante, définition plus importante, meilleure montée en sensibilité ISO, profondeur de champ plus faible.
Par ailleurs, sur un full frame il n’y a pas de coefficient de conversion : un grand angle de 14mm reste un grand angle de 14mm.
Onéreux à produire, les capteurs 24×36 sont surtout utilisés sur les boitiers moyens (Canon 5D, Nikon D800) et hauts de gamme (Canon 1D X Mark II, Nikon D5, Sony Alpha 900). Comptez donc au minimum dans les 1800 euros pour vous offrir un réflex plein format, sachant qu’un appareil professionnel (et sans objectif) frise plutôt les 5000 euros.

Le format APS-C
Dans un souci d’économie, les fabricants ont créé un format 1.5 à 1.75x plus petit que le format standard 24×36 : le format APS-C (Advanced Photo Systeme Type C). Les dimensions exactes du capteur dépendent de la marque : 22.2×14.8mm chez Canon, 23.7×15.6mm chez Nikon, 23.5×15.6mm chez Sony.
À focale identique, la taille du capteur étant plus petite qu’un Full Frame, l’image finale est agrandie par un facteur de crop (équivalent à un multiplicateur de focale).
Ce facteur de crop est de 1.6x chez Canon et 1.5x chez Nikon.
Ainsi sur un boitier APS-C Canon (exemple le 7D), un objectif d’une focale de 200mm devient 200×1.6, soit 320mm. Avantage indéniable pour les utilisateurs de longues focales (sports, photos animalières), mais très gros inconvénient pour les amateurs de grands angles : un 14mm devient ainsi un 22mm.
La plupart des boitiers d’entrée de gamme disposent d’un capteur APS-C, comptez de 400 à 1400 euros.

Le format APS-H
Disponible uniquement chez Canon, c’est le compromis idéal entre le 24×36 et l’APS-C, le format APS-H a en effet de nombreux avantages : facteur de crop de 1.3x (idéal pour les photographes de sport, puisqu’un objectif de 300mm devient un 390mm, et un grand-angle reste presque un grand angle), rafale plus rapide, car fichier plus léger qu’en Full Frame, et coût de production moins important.
Pour un Canon 1D Mark IV, comptez dans les 4000 euros. En occasion, la génération précédente, Mark 3 peut se trouver dans les 1500 euros, à mon sens c’est un choix plus intéressant qu’un 7D neuf.

Quelle marque choisir ?

En tant que professionnel, j’aurai évidemment tendance à conseiller Canon (que l’on appelle les rouges dans le jargon, ou canoniste) ou Nikon (les jaunes), les deux leaders du marché, tout simplement parce que le parc d’optiques est très important, neuf ou d’occasion. Des optiques de rêves, comme le 400mm f/2.8, ne sont disponibles que chez ces deux constructeurs.
Alors évidemment, si vous n’avez pas l’intention de dépenser pour plus de 2000 euros de matériel, vous pouvez tenter les marques alternatives, comme Sony, Pentax, Olympus, ou Samsung. Ces 3 constructeurs proposent des packs Boitier + objectifs souvent intéressants en terme de prix et plutôt polyvalents pour un usage familial.
Dans tous les cas, le choix d’une marque au départ n’est pas anodin : il vous engage pour de longues années avec un constructeur. Il est donc utile de prendre le temps d’essayer plusieurs boitiers en magasin afin de vérifier la prise en main et l’ergonomie générale.

Le boitier : un simple accessoire ?

Acheter un autoradio haut de gamme de plusieurs centaines d’euros, relié avec des enceintes bas de gamme à 15 euros est une hérésie : le maillon le plus faible de la chaine réduit la qualité globale.
Avec un réflex numérique, c’est la même chose : il est inutile d’acquérir un boitier haut de gamme si vous voulez l’associer à un objectif d’entrée de gamme, l’image finale sera dégueulasse. Pour un budget limité, je dirai même qu’il faut faire l’inverse pour obtenir une image piquée : investir au maximum dans l’objectif, investissement durable, et choisir un boitier d’entrée de gamme. Le boitier étant un simple accessoire, il deviendra rapidement obsolète au regard de l’évolution technologique.
Cela va sans dire que si vos moyens le permettent l’idéal reste d’associer objectif et boitier haut de gamme.

Les caractéristiques à connaitre

La résolution
Il s’agit du nombre de pixels en longueur et en largeur. Exemple sur le Canon 7D, le capteur de 18 millions de pixels offre une résolution de 5184 x 3456 pixels, de quoi être très à l’aise pour faire développer des agrandissements importants (76x114cm par exemple). Sachez toutefois que pour un tirage de 30x40cm, un capteur de 8 millions de pixels est suffisant.

La sensibilité ISO maximale
C’est la capacité du boitier à être sensible à la lumière. Une montée en ISO importante (3200 ou 6400) et performante permet de photographier en intérieur sans flash. En photographie sportive ou animalière, c’est un critère primordial.

Le mode rafale
C’est un mode qui permet de prendre plusieurs photos très rapidement dans un laps de temps très court. Les appareils les plus rapides proposent une cadence de 14 images à la seconde (Canon 1D X).

L’autofocus (AF)
La mise au point automatique permet d’obtenir une bonne netteté sur le sujet via le choix d’un collimateur à l’intérieur du viseur.

À prendre en considération également le poids du boitier, le type de carte mémoire (SD ou CompactFlash), la qualité de construction, la fonction vidéo, la résolution et la taille de l’écran de contrôle, la présence d’un flash intégré…

Quel appareil pour quel budget ?

Prix Boitiers
Moins de 1000 euros Canon 100D (APS-C 18 Mpx, 12800 ISO, 4 ips, environ 450 euros, le plus petit reflex au monde), Canon 80D (APS-C 24.2 Mpx, 16000 ISO, 7 ips, très bon AF en vidéo, environ 900 euros), Nikon D90 (APS-C, 12.3 Mpx, 3200 ISO, 4.5 ips, environ 650 euros), Pentax K-r (APS-C 12,4 Mpx, 12800 ISO, 6 ips, environ 500 euros), et le Canon 1200D (APS-C 18 Mpx, 6400 ISO, 3 ips, environ 350 euros).
Moins de 2000 euros Canon 6D (Full Frame 20 Mpx, 25600 ISO, 4.5 ips, environ 1600 euros), Canon 5D MK II (Full Frame 21 Mpx, 6400 ISO, 3.9 ips, environ 1800 euros, et qui reste une référence à ce prix !), Canon 7D (APS-C 18 Mpx, 6400 ISO, 8 ips, environ 1350 euros, idéal pour le sport), et le Nikon D300s (APS-C, 12.3 Mpx, 3200 ISO, 7 ips, environ 1250 euros).
Plus de 2000 euros Canon 5D MK III (Full Frame 22 Mpx, 25600 ISO, 12 ips, environ 3000 euros), Canon 1D X (Full Frame 18 Mpx, 51200 ISO, 12 ips, environ 6000 euros, une référence chez les rouges), Nikon D4S (Full Frame 16 Mpx, 256000 ISO,11 ips, environ 4500 euros, une référence chez les jaunes), et le Nikon D700 (Full Frame, 12.1 Mpx, 6400 ISO, 5 ips, environ 2150 euros).

Si votre budget est très limité (moins de 500 euros), pensez au marché de l’occasion : notamment sur des sites comme leboncoin.fr ou ebay.fr. À titre d’exemple, le Canon 40D, un boitier « expert » sorti en 2007 (APS-C 10,1 Mpx, 3200 ISO, 6.5 ips) se trouve en occasion pour à peine 200 euros : une bonne affaire !

Le marché de l’occasion s’avère judicieux pour s’équiper avec une gamme supérieure et inaccessible en neuf. Des boitiers pro comme le 1D MK IV (APS-H 16 Mpx, 12800 ISO) ou le MK III (APS-H 10,1 Mpx, 3200 ISO, 10 ips) se négocient entre 500 (MK III) et 2000 euros (MK IV) : un bon plan pour s’offrir une machine qui reste excellente en 2016.