Comment choisir un flash cobra ?

Loin d’être indispensable, notamment depuis quelques années avec la capacité de plus en plus importante des boitiers réflex à monter en sensibilité ISO, le flash cobra apporte un puissant éclairage artificiel à la scène à photographier lorsque les conditions lumineuses sont médiocres. Dotée d’un tube éclair au xénon, la lumière provenant d’un flash est plus ou moins semblable à la lumière du jour (environ 6000K) et est très brève : ce qui permet de figer un sujet en mouvement. L’usage du flash peut toutefois s’avérer très pratique en plein soleil pour déboucher les ombres disgracieuses : le flash devient ainsi un simple éclairage d’appoint, c’est ce que l’on appelle la technique du « fill-in ». Contrairement au flash intégré au boitier dont l’usage est très limité, un flash cobra bien utilisé (fill-in, flash indirect via un plafond blanc) peut apporter un gros plus à vos clichés : que ce soit au niveau de la qualité du rendu, que du point de vue créatif.

Flashs Canon 430 EX et 580 EX

La puissance du flash

La puissance du flash est caractérisée par le Nombre Guide (NG). Un chiffre donné par la formule et calculé pour une sensibilité de 100 ISO :
NG = Ouverture du diaphragme x distance (entre le flash et le sujet à photographier)
Par exemple, avec un objectif Canon 24-70 F2.8 L et un flash 430EX II dont le nombre guide est de 43 (à 100 ISO) selon son constructeur, on peut obtenir une bonne lumière avec ce flash et cet objectif jusqu’à une distance de :
Distance = NG / Ouverture, donc Distance = 43 / 2.8 = 15.35, soit un bon éclairage jusqu’à 15 mètres.
À noter que si vous augmentez la sensibilité ISO, vous augmentez également le Nombre Guide du flash, selon la formule :
NG réel = NG (à 100 iso) x √(sensibilité ISO réelle / 100), ce qui donne à 800 ISO avec le matériel ci-dessus un nombre guide réel de 43 x(800/100) = 121, et donc une portée de 121/2.8 = 43,44 mètres.

Rassurez-vous, tout ceci reste très théorique, et dans la réalité on s’amuse très rarement à faire de tels calculs avant de prendre une photo : le système TTL du flash s’en charge ! Retenez simplement que plus le NG est élevé et plus votre flash est puissant.

La couverture du Flash

La couverture du flash détermine l’angle que va couvrir sa lumière. L’usage d’un grand angle 16mm avec un flash dont l’angle de couverture est faible n’éclairerait que le centre de la scène à photographier. Dans ce cas il faut donc utiliser un flash possédant un diffuseur grand-angle intégré. Certains flashs sont dotés d’une tête zoom automatique qui détectent la taille du capteur du boitier (APS-C, APS-H, ou 24 x 36), la sensibilité ISO et la focale utilisée afin d’obtenir une couverture optimale. Avec ce type de technologie, l’usage d’un flash est simplifié : il suffit de mettre en route le flash et tout est automatique.

La tête orientable

Certains modèles permettent d’orienter la tête du flash dans tout les sens, une fonctionnalité indispensable pour utiliser votre flash en éclairage indirect par un plafond ou un mur blanc. Cette technique permet notamment d’obtenir un rendu naturel, doux et homogène.

Le temps de recyclage

Il s’agit du temps (exprimé en secondes) qu’il faut au flash pour être de nouveau disponible. L’émission d’un flash demandant une grande quantité d’énergie stockée dans des condensateurs, ces derniers doivent se recharger quelques secondes (2.5 à 5 secondes) une fois qu’ils ont épuisé leur réserve.

Interface et écran LCD

D’une manière générale et que ce soit chez Canon, Nikon, Sigma ou Metz, un flash cobra a une interface et un écran LCD monochrome tout à fait austère et à l’usage peu intuitif : il serait temps que les constructeurs se penchent sur le problème ! En attendant, il faut faire avec et le choix d’un flash avec présence d’un écran LCD facilite l’usage des fonctions avancées.

La vitesse de synchro flash et la synchro haute vitesse

La vitesse de synchro flash est la vitesse d’obturation que le photographe ne peut pas dépasser pour que l’image soit correctement exposée. Cette vitesse dépend du reflex et est en général de 1/200 (400D), 1/250 (60D) ou 1/300 sur les boîtiers professionnels (1D).

Pour débrider la vitesse de synchro flash, il y a le mode « synchro haute vitesse » sur la plupart des flashs. Ce mode génère plusieurs éclairs automatiquement pour éclairer toute la surface du capteur.  L’inconvénient du mode synchro haute vitesse est toutefois de taille : la puissance du flash devient très réduite.

L’alimentation du flash

Gros consommateur d’énergie, le flash Cobra fonctionne en général avec 4 piles AA/R6. L’usage de piles non rechargeables, notamment celles du constructeur Allemand Varta « Max Tech » ou de l’Américain Duracell « Ultra Power », procure de meilleures performances en particulier sur l’autonomie et le temps de recyclage. Toutefois, c’est un choix qui est plus onéreux et moins écologique que l’usage d’accus rechargeables. Pour un usage non intensif, de simples accus de 2700mAh suffiront largement et ils reviendront bien moins chers.
À noter qu’il existe des alimentations externes pour flash contenant 8 piles/accus AA (comme le CP-E4 pour le flash Canon 580EX, moins de 180 euros) ou à batteries (Quantum Instruments de 300 à 900 euros selon les modèles, une technologie très efficace mais c’est lourd et onéreux). Ce type d’accessoire réduit de manière significative le temps de recyclage mais peut s’avérer fatal pour le tube au xénon qui rendra l’âme s’il n’est pas suffisamment refroidi lors d’intenses sollicitations.

Le flash est un gros consommateur d’énergie.

Un accessoire utile : le diffuseur

Peu onéreux (à partir de dix euros environ), un diffuseur se fixe sur la tête du flash. Il adoucit la lumière dure du flash afin d’atténuer les ombres.

Un diffuseur monté sur un flash Canon 580EX II

Les modèles de référence

Chez Canon, les incontournables 430EX II (NG 43, orientable, recyclage 3s, mode esclave uniquement), 600EX-RT (NG 60, orientable, déclencheur radio, recyclage 3.3s), ou encore le plus ancien 580EX II (NG 58, orientable, recyclage 3.8s, mode maitre/esclave) sont des valeurs sûres. Pour les Nikoniste, les modèles SB-700 (NG 38, orientable, recyclage 2.5s, mode maitre/esclave) et le tout récent SB-910 (NG 58, orientable, recyclage 2.3s, mode maitre/esclave, avertisseur de surchauffe) sont des références.
À mon sens il vaut mieux éviter les marques alternatives comme Metz ou Sigma afin d’être certain d’utiliser un flash 100% compatible avec la marque de votre boitier. D’ailleurs en cas de changement de flash, il sera bien plus facile de revendre sur le marché de l’occasion un modèle de flash connu et avec une décote raisonnable par rapport au prix d’achat.
Donc si votre budget est restreint, orientez-vous vers le marché de l’occasion avec notamment les premières versions des flashs Canon 430EX (NG 43) et 580EX (NG 58), le moins récent Canon 550EX (NG 55), ou les SB-600 (NG 30), SB-800 (NG 38) et SB-900 (NG 58) de Nikon.