Essai du MacBook Pro 15″ HD Antireflet
Digne successeur du PowerBook depuis 2006, le MacBook Pro est probablement l’ordinateur portable que l’on croise le plus souvent dans les salles de presse photo, toutes générations confondues ! Depuis l’époque du passage des processeurs G4 vers les premiers processeurs Intel Core Duo, la puissance disponible pour le traitement des images a largement évolué. De nombreux photographes, notamment les reporters, ont jeté leur dévolu sur cette machine onéreuse, mais qui semble répondre à leurs exigences.
Petit tour d’horizon du MacBook Pro 15 pouces « Thunderbolt » avec l’indispensable option écran haute définition antireflet (1680 x 1050) et boosté par l’un des meilleurs processeurs Intel à 4 coeurs : le core i7-2720QM (2.20 GHz).

Un MacBook Pro 15" avec écran antireflet et une coque de protection Speck SeeThru. L'écran est parfaitement lisible et sans aucun reflet, même en pleine journée. Il est regrettable que cette option indispensable pour un photographe soit facturée 150 euros par Apple !
La coque en aluminium Unibody
Usiné dans un bloc en aluminium monobloc qu’Apple nomme « chassis Unibody », le MacBook Pro respire la solidité et l’élégance, mais on hésite presque à le sortir du sac photo, de peur de le rayer ! Pour le préserver de toute rayure, l’ajout d’une coque de protection moulante n’est pas superflu, surtout quand on pose régulièrement l’ordi sur l’herbe ou sur un parquet pour envoyer rapidement les images. La finition est impeccable et de grande qualité. Le souci du détail est omniprésent. Un exemple : les deux diodes LED signalant l’activité de la webcam ou la veille de l’ordinateur sont quasiment invisibles sur la coque aluminium.
Le pavé tactile (trackpad)
Un large trackpad avec une surface en verre tactile facilite la tâche du photographe lorsqu’il faut recadrer ou redresser l’horizon d’un cliché. Ce trackpad est également un bouton unique : pour cliquer, il suffit d’appuyer à n’importe quel endroit du pavé.
Encore plus pratique : un simple tapotement peut déclencher un clic (configurable dans Préférences Système / Trackpad / Pointer et cliquer / Puis cocher Toucher pour cliquer).
Les combinaisons de différents gestes avec 2, 3 ou 4 doigts déclenchent des raccourcis comme le zoom avant/arrière : pratique au quotidien.
Les entrailles de la bête
Construit autour d’un puissant processeur quadricoeurs Core i7-2720QM (32 nm) cadencé à 2.2 GHz, le MacBook Pro est taillé pour être une station de travail mobile. Le mode Turbo Boost du Core i7 pousse la cadence d’un ou plusieurs cœurs jusqu’à 3.3 GHz en fonction de leur sollicitation. Un gain de puissance appréciable lorsqu’une application n’est pas optimisée pour un CPU multicoeurs.
Deux « cartes graphiques » cohabitent dans cet ordinateur : une puce graphique HD Graphics 3000 intégrée au processeur Core i7, peu performante en 3D, mais également peu consommatrice d’énergie, et une véritable carte graphique dédiée, l’AMD Radeon HD 6750M (512 Mo de mémoire GDDR5). Cette dernière est surtout utile aux amateurs de jeu vidéo et n’a que peu d’intérêt dans le traitement de photographies : hélas on ne peut pas choisir la carte graphique de notre choix avec Apple, il aurait été pourtant intéressant de se contenter de la puce intégrée d’Intel et de payer 150 ou 200 euros de moins. Pour optimiser l’autonomie de la machine, Apple utilise une technologie permettant de basculer automatiquement entre la puce intégrée et la Radeon 6750 en fonction du besoin de puissance. Un basculement invisible pour l’utilisateur et qui permet de gonfler l’autonomie.

La carte mère et ses deux ventilateurs. Un assemblage qui ressemble à une œuvre d'art : aucun câble ne dépasse, la finition est parfaite et l'espace est totalement optimisé !
La mémoire RAM est de 4 Go, deux barrettes de 2 Go (DDR3 1333 MHz). Il est possible de pousser la mémoire à 8 ou 16 Go, mais pour le post-traitement, l’intérêt est moindre. Le disque dur de base est un modèle Toshiba d’une capacité de 500 Go (5400 tr/min) : on peut dire qu’il fait tache dans une machine à 2000 euros ! Un SSD devrait être installé par défaut, et sans supplément de prix. Pour gagner en réactivité générale, il est judicieux de remplacer ce disque dur par un SSD, un modèle de 128 ou 160 Go au minimum. Si un espace disque conséquent (500 ou 750 Go) est plus important pour vous que la rapidité d’accès aux données offert par un SSD, choisissez impérativement un disque tournant à 7200 tr/min.
L’écran
Par défaut, l’écran du MacBook Pro est décevant sur deux points : il est brillant et offre une résolution médiocre (1440 x 900, la même résolution qu’un MacBook Air de 13″). Le photographe est obligé de sortir le chéquier : 150 euros pour l’option antireflet et la haute résolution (1680 x 1050). Une option finalement obligatoire pour travailler dans les meilleures conditions. Le rendu des couleurs est plutôt bon par défaut, mais un calibrage précis à l’aide d’une sonde est bien sur indispensable.
La connectique pour décharger une carte mémoire
La gamme a été mise à jour en Octobre 2011, et pourtant aucune trace d’un port USB 3. Apple se contente hélas de la norme USB 2 sur une machine censée être haut de gamme ! Impossible donc de profiter de la rapidité d’un lecteur de carte USB 3 comme celui de Lexar.
Une consolation tout de même : la présence d’une nouvelle technologie via le connecteur mini Displayport, le Thunderbolt. Cette interface offre un débit théorique de 10 Gbits/s et est donc deux fois plus rapide que l’USB 3 mais pour le moment (début d’année 2012) il n’y a toujours pas de lecteur de carte Thunderbolt, ni d’adaptateur vers USB 3…
Pour décharger vos cartes rapidement, il faudra donc utiliser le vieillissant port FireWire 800 avec un lecteur FireWire, lecteur de plus en plus difficile à trouver dans le commerce. Rappelons que le FireWire 800, en fin de vie, est bien plus rapide que l’USB 2 (2x plus), mais également bien plus lent que la technologie Thunderbolt (12x moins). En attendant l’hypothétique arrivée d’un lecteur de carte Thunderbolt, ça fera l’affaire !

De gauche à droite : le connecteur d'alimentation, le port Ethernet, le FireWire 800, le mini-Displayport / Thunderbolt, deux ports USB 2, et un lecteur de carte SD (SDXC).
Relier un écran externe à son MacBook Pro
Le côté droit du Mac dispose d’un connecteur Mini Displayport Thunderbolt. Ce connecteur polyvalent offre la possibilité de relier différents périphériques : écran, disque dur, dock pour élargir la connectique. Apple propose notamment un écran de 27″ Thunderbolt qui transforme le MacBook Pro en station de travail fixe (environ 1000 euros). Le hic, outre le prix : un écran brillant encore une fois… une solution à oublier dans l’état ! Quitte à dépenser 1000 euros de plus, l’achat d’un écran 22″ Eizo ColorEdge CG223W reste bien plus pertinent pour un photographe ou un graphiste.
Il est possible de connecter un écran ayant une résolution maximale de 2 560 x 1 600 pixels, la résolution des 30″ et de certains 27″.
Tests de performances avec le logiciel DxO Optics Pro 7
La procédure est la suivante : traitement de 46 photos au format RAW provenant d’un Canon 1D MK 4 (16 Mpx) et déposées dans le dossier DXO sur le Bureau (1.01 Go de photos). Le traitement inclus une exportation au format JPEG qualité 9 des 46 images.
| Durée pour le traitement DxO de 46 RAW |
|
| MacBook Air 11″ (mi 2011) Core i5 1.60 GHz (2 coeurs) SSD 128 Go 4 Go DDR3 (1333 MHz) |
18’21″ |
| MacBook Pro 15″ (mi 2010) Core i7 2.66 GHz (2 coeurs) HDD 500 Go (5400 tr/min) 4 Go DDR3 (1067 MHz) |
15’59″ |
| MacBook Pro 15″ (fin 2011) Core i7 2.20 GHz (4 coeurs) SSD 160 Go 4 Go DDR3 (1333 MHz) |
7’55″ |
| MacPro bi-xéon (mi 2009) Nehalem 2.26 GHz (8 coeurs) SSD 128 Go 10 Go DDR3 (1067 MHz) |
4’53″ |
| MacBook 13″ (fin 2008) Core 2 Duo 2.4 GHz (2 coeurs) HDD 250Go (5400 tr/min) 2 Go DDR3 (1067 MHz) |
27’05″ |
DxO profite pleinement de la puissance du Mac Pro et de ses deux processeurs Nehalem 2.26 GHz : l’opération prend moins de 5 minutes. Le nouveau MacBook Pro i7 à 4 coeurs n’a globalement pas à rougir de ses performances : un peu moins de 8 minutes il est deux fois plus rapide que la génération précédente (16 minutes).
Tests de performances avec le logiciel Aperture
La procédure est la suivante : importation de 528 photos au format RAW provenant d’un Canon 1D MK 4 (16 Mpx), soit un total de 11.82 Go. Puis application d’un traitement par lot : crop pour ne garder que 13.1 Mpx, contraste à 0.2, récupération des hautes lumières à 1.5, saturation à 1.1, tons clairs à 6.6, netteté à 1 (rayon 1), et balance des blancs à 5180K. Une fois le traitement appliqué sur les 528 images, avec régénération d’une nouvelle vignette, on exporte les photos en JPEG sur le bureau dans le dossier test : format JPEG qualité 7 et 70% de la taille d’origine.

N.B. : Sous Mac OS 10.7.2 pour chaque machine, avec lecteur de carte FireWire 800 Lexar pour le Mac Pro, et les deux MacBook Pro. Lecteur de carte Sandisk USB 2 avec le MacBook Air qui ne possède pas de port FireWire. La carte CompactFlash est une Lexar Professionnal 16 Go 600x.
| Importation : Copie des fichiers sur le SSD | Traitement par lot : contraste, crop, bdb… | Exportation JPEG : Qualité 7, 70% de la taille | |
| MacBook Air 11″ (2011) Core i5 1.60 GHz (2 coeurs) SSD 128 Go 4 Go DDR3 (1333 MHz) |
10’25″ (traitement des JPEG intégrés en 5’53″) |
totalité en 1h21’04″ 1’52″ sur 20 photos |
558 photos en 40’50″ 20 photos en 01’26″ |
| MacBook Pro 15″ (2010) Core i7 2.66 GHz (2 coeurs) SSD Intel 160 Go 4 Go DDR3 (1067 MHz) |
5’11″ (traitement des JPEG intégrés en 4’05″) |
totalité en 0h08’26″ 0’19″ sur 20 photos |
558 photos en 33’54″ 20 photos en 01’15″ |
| MacBook Pro 15″ (2011) Core i7 2.20 GHz (4 coeurs) SSD 160 Go 4 Go DDR3 (1333 MHz) |
5’14″ (traitement des JPEG intégrés en 4’11″) | totalité en 0h05’58″ 0’15″ sur 20 photos |
558 photos en 19’48″ 20 photos en 00’41″ |
| MacPro bi-xéon (2009) Nehalem 2.26 GHz (8 coeurs) SSD 128 Go 10 Go DDR3 (1066 MHz) |
5’28″ (traitement des JPEG intégrés en 4’19″) |
totalité en 0h22’30″ 1’03″ sur 20 photos |
558 photos en 21’49″ 20 photos en 00’49″ |
Surprenant ! L’export de photos RAW en JPEG est plus rapide avec le MacBook Pro i7 4 coeurs qu’avec le Mac Pro Nehalem biprocesseurs de 2009, un test réalisé 3 fois ! Il semblerait qu’Aperture ne soit pas optimisé pour être utilisé avec deux processeurs. L’importation des images sur le disque est grosso modo identique sur les MacBook Pro et le Mac Pro : avec un lecteur FireWire 800 la durée dépend essentiellement de la vitesse d’écriture du SSD. L’utilisation forcée d’un lecteur USB 2 sur le MacBook Air double logiquement le temps d’importation.
Entre le MacBook Pro 2010 et le 2011 (avec un SSD Intel identique), l’écart est tout de même de 14 minutes lors de l’exportation de 558 photos : un gain très intéressant.
L’autonomie
Apple annonce une autonomie de 7h grâce à l’utilisation d’une batterie lithium polymère inamovible qui permet d’atteindre une capacité de 77.5 Wh. 7h, un chiffre réaliste lors d’une utilisation Web/Mail du Mac. Lors d’une l’utilisation intensive avec la luminosité de l’écran au maximum, le traitement par lot ou l’exportation de RAW en JPEG via Aperture, la consommation électrique du processeur Core i7 grimpe jusqu’à une cinquantaine de watts et l’autonomie s’écroule à moins d’1h30. Largement suffisant pour traiter ses photos dans les temps, mais on en veut toujours plus…
Les qualités du MacBook Pro
Léger et compact pour un 15″ : idéal dans un sac photo. Ecran HD et antireflet de bonne facture, construction Unibody et composants haut de gamme, plus performant qu’un Mac Pro 2009 avec Aperture, connecteur Thunderbolt prometteur, pavé tactile très agréable, clavier rétroéclairé, excellente autonomie lors d’un usage web et bureautique.
Les défauts du MacBook Pro
Autonomie qui s’effondre dès que l’on utilise intensivement Aperture, batterie fixe, pas de puce 3G intégrée, absence de ports USB 3, écran antireflet facturé 150 euros !
Un lecteur de carte CompactFlash très rapide et intégré serait plus utile qu’un lecteur SD sur une machine qui se revendique « Pro ».
L’arme fatale du photographe ?
Environ 2100 euros : c’est le prix à payer pour s’offrir cette petite bombe de puissance qu’est le MacBook Pro 15″ avec son écran HD mat et un SSD. Avec un tel prix, on ne peut pas dire que ce soit bon marché, mais si on met de côté l’absence regrettable de ports USB 3, cette machine répond parfaitement aux attentes d’un photographe exigeant. Avec un écran externe et plusieurs disques durs Thunderbolt/FireWire 800 pour le stockage de masse, ce MacBook Pro 15″ peut remplacer le très encombrant Mac Pro sans rougir.
Avec un écran brillant de base et sans SSD, le prix chute à 1749 euros, mais les reflets sont omniprésents et désagréables : impossible de travailler convenablement. Enfin, dans la mesure où il est facile de démonter ce portable, il est judicieux de ne pas acheter sa mémoire RAM sur le site d’Apple, vendue à prix d’or.
Idem avec le disque dur ou le SSD : de quoi économiser quelques dizaines d’euros.
Alors, le MacBook Pro, arme fatale du photographe ? Sans la moindre hésitation : oui, quand la bourse le permet ! Mais à choisir, il est plus judicieux d’investir dans des optiques haut de gamme que dans un ordinateur Apple, aussi performant soit-il…
Johan BEN AZZOUZ














